GRIMPE LE GLOBE

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AUSTRALIE
Les montagnes sont bleues PDF Imprimer Envoyer
LES ÉTAPES - AUSTRALIE
Écrit par Pauline   
Mercredi, 19 Mai 2010 15:17

Après une journée melbournoise suivie d'une nuit passée dans le train Melbourne-Sydney, une matinée à traverser Sydney à la recherche d'une voiture de location et deux petites heures de route..... nous voici dans les Blue Mountains !

Ce nom vient de l'aspect bleuté que prend l'horizon. En effet les eucalyptus, arbre très largement majoritaire ici, dégagent beaucoup d'humidité. Le soleil se reflète dans ces particules d'eau et bleuît l'horizon. Et, au milieu de cette immense forêt d'eucalyptus pointent des falaises de grès de toute beauté ! Sur la totalité des falaises, 90% n'est pas exploitable grimpalistiquement, car pas accessible ou plus souvent trop fragile ! Mais les 10% restant offent un magnifique terrain d'expression pour les ouvreurs et grimpeurs. Chaque année encore, plusieurs dizaines de voies sont ouvertes !

Les blues mountains forment un site d'escalade majeur. On y trouve des voies en terrain d'aventure, des voies mixes (spitées uniquement là où l'on ne peut pas utiliser les friends ou les coinceurs), et des voies équipées. Mais grande particularité australienne, on ne trouve pas que des spits sur ces dernières. En effet, ici, celui qui ouvre la voie l'équipe lui-même sans aucun financement (en France c'est la vente des topo-guides qui finances souvent le matériel d'équipement). C'est donc à lui seul que revient la lourde tâche d'acheter le matériel nécessaire (des spits, un perforateur, du silicate....). Ainsi, très souvent ils n'installent que des "carottes"! Cela permet d'équiper à moindre frais ! C'est alors au grimpeur de placer sur la carotte (qui est en fait un clou) une plaquette puis la dégaine sur la plaquette.... Pas vraiment compliqué, simplement original ! Et nous sommes bien d'accord, mieux vaut un bon clou qu'un mauvais spit !

Certes nous nous étions pris au jeu de la grimpe en terrain d'aventure mais le retour à la grimpe sportive est bien apprécié. Disons surtout que sur un site équipé on peut grimper beaucoup plus car le temps passé sur chaque longueur est très largement diminué. Nous enchainons donc les longueurs et nous pouvons envisager des cotations plus élevées.

Sur les conseils de Mike Law, nous commençons par un site proche de Blackheath "shipley upper" qui nous tiendra en haleine jusqu'à la nuit.

Jimmy cliff nous emballera par son approche quelque peu aérienne.....

S'en suit une journée d'exception sur "Bunny bucket buttress", une grande voie de 9 longueurs, cotée en 18, ouverte en 2005 par Mike Law et sa femme Vanessa Peterson. Une ambiance inouïe, la sensation d'être seuls à des kilomètres à la ronde (ce qui ne fut peut-être pas qu'une impression.....), et quelques longueurs "d'anthologie" (dixit Sam).... ah que c'est bon de grimper sur un rocher de cette qualité dans des ambiances toujours plus magiques ! Et pour clore comme il se doit cette journée, comme toutes les autres d'ailleurs, ce sera un gros feu d'eucalyptus pour nous rechauffer et cuisiner de bonnes pâtes !

Enfin,comme toute bonne chose a une fin, pour notre dernier jour d'escalade australienne, nous allons sur le site de "zap crag". Sam et Etienne se lance dans une superbe 23 deversante "Foo foo the cordless". Pour ma part, je reste sagement sur de superbes 18 (en tête tout de même !). Les avant-bras chauffent pour tout le monde, les voies déversantes ont ce charme là ! On "se finit" tous sur une superbe 20 nommée "resistor" ! Et il en faut de la résistance !!!

Bref, une semaine de grimpe et de bivouac superbe avec un soleil rayonnant (heureusement car à l'ombre il fait bien frais), une chance dans cette région réputée pour sa pluviométrie !

Il est l'heure de rendre la voiture louée pour l'occasion et évidemment de visiter Sydney ! Comme tout bon touriste que nous sommes, c'est vers l'opéra que nous filons ! De jour, de nuit, de l'interieur pour une visite guidée puis pour applaudir l'orchestre symphonique de Sydney ! Féérique ! Mais il y a nombre de choses à visiter ; les jardins royaux, Bondi beach, Harbour bridge, le village olympique etc....

 

 

Un jour et demi de visite intensive et deux riches soirées avec Mike Law et Vanessa Peterson qui nous ont très simplement et généreusement acceuillis chez eux !

 

 

 

 

PS : petit mot pour rassurer tout le monde, nous sommes à Bangkok mais les conflits sont dans une zone fermée et nous sommes derrière le troisième barrage de sécurité. On ne visitera tout de même pas la ville de suite, nous partons directement pour Krabi demain !

 
Moonaries: une semaine d'escalade au milieu de nulle part PDF Imprimer Envoyer
LES ÉTAPES - AUSTRALIE
Écrit par julien   
Mardi, 18 Mai 2010 02:09

L'approche

 

Les collines s'étendent à perte de vue. La végétation, telle une barbe de trois jours, masque les rides d'un visage rouge qui s'embrase violemment deux fois par jour. Les falaises de grès se dressent. Des motifs se détachent, sculptés par la pluie et le vent; des blocs cubiques empilés figurent des ruines de massives constructions antiques, des feuilles se délaminent et l'on tente vainement d'y décrypter un texte disparu, des toits sans étai défient constamment les lois de la gravité...

 

Pour se rendre dans ce no man's land, il aura fallu dix heures trente de voiture, auxquelles s'ajoutent deux heures infructueuses de bin diving à Adélaïde, aboutissant en courses on ne peut plus classiques au supermarché du coin. Ce trajet de 980 kilomètres nous fait longer la côte sud, vers l'ouest. La mer nous surprend puisl'élément liquide disparaît. Le bush nous engloutit brutalement: latérite, buissons épineux, lacs salés desséchés et kangourous auto-stoppeurs (au grand dam de certains radiateurs...). Cinquante kilomètres nous séparerons du premier hameau. Ne parlons même pas du premier pub.

 

On arrive de nuit au niveau du camp inférieur, après deux kilomètres de piste.

 

Dans le topo-guide, on indique une marche de trente minutes à une heure nous séparant du site. Finalement, il me faudra une heure trente pour parcourir ses trois cinquante mètres de dénivelé, avec un sac à dos de trente cinq kilos, ma guitare dans une main et un sac de provisions dans l'autre (j'avais oublié que les oeufs couvraient le fond du sac... l'omelette était bien avancée arrivé en haut).

Au terme d'un effort éprouvant, et pas seulement pour les oeufs, quelle récompense!!! Le « camping », suspendu, domine majestueusement le bush. Sentiment de solitude et silence impressionnant, troublé par ces oiseaux au cri identifiable entre tous. Trois ou quatre soins gutturaux pleins d'espoir (à l'image de supporters de foot voyant l'attaquant s'approchant dangereusement du but) suivis d'un son plus long, plus grave, expression même de la déception. Soit à peu près: « Oh! Oh! Oh! Ahhhhhhhhhhrrrgggggg..... » Bon. Pas si facile que ça à décrire, je vous l'imiterai si vous voulez.

Autre avantage, et pas des moindres, le réservoir d'eau de pluie est à cent mètres, et presque plein!

 

L'escalade

 

En terme d'escalade, c'est exclusivement du terrain d'aventure qui est proposé. Le rédacteur du topo croit bon de signaler, en introduction, que « les gens qui s'attendent à trouver des voies équipées, avec des spits, et qui ne savent pas poser leurs protections n'ont tout simplement rien à faire ici ». Au moins, on est prévenu.

 

Et voici la semaine, jour après jour.

 

Jour 1: « Flying butress » avec Milly, quotée 15, avec un toit impressionnant. Puis un pas un peu trop engagé pour moi qui, fort heureusement, peut s'éviter en rampant – avec quelle grâce! - sur la droite sous un énorme bloc. La sortie de la voie dévoile un plateau magique, un aigle planant couronnant le tout. Retour vers dix-huit heures, à la nuit tombante. Dégustation de pizzas préparées par Sven dans un ingénieux four portatif. Nuit profonde.

 

Jour 2: Temps resplendissant, nous partons à l'assaut de « garden refuses removed cheaper » qu'on peut traduire par « désherbage gratos ». Et en effet.... intérêt botanique indéniable: voie trruffée de buissons, de plantes même pas aromatiques mais épineuses, mais aussi de roches instables et de «funnel web », toiles d'araignées coniques susceptibles d'être l'oeuvre d'une des araignées les plus venimeuses au monde... Ambiance!

Après un mi goreng, pâtes a la mode indonésienne, une marche d'approche de vingt minutes nous conduit sur le « great wall ». Verical, très vertical.

Sven « lead » une 19 de 55 mètres, apparemment facile. C'est à mon tour et....c'est dur!!!! Je bataille très fort et, dans la seconde partie, le m'essaye aux « jams dans les cracks » ou « coincements dans les failles ». Technique à absolument maitriser pour ce type de voie. Dependamment de la fissure, on introduit les doigts, la tranche de la main, le poing, l'avant-bras ou l'épaule. En contractant les différents muscles concernés, on « coince », littéralement. Et on s'élève en tirant. Après, il faut décoincer puis recoincer. Anoter qu'on fait pareil avec les pieds. Certes pratique, ça n'en est pas moins douloureux.

Sven part ensuite dans une 24, escalade fluide, accrobatique, esthétique, un autre monde.

 

Jour 3: brillant! Très brillant! Une leçon heureusement sans conséquence... En assurant Tee, je ravale la corde. Celle-ci vient à se dérouler dans une fissure. Je l'assure ensuite alors qu'il grimpe en tête, il me faut dès lors lui donner « du mou » au fur et à mesure de sa progression. Alors qu'il arrive au relai, sécure, je ne pouvais de toutes façons plus lui donner de corde. Elle est complétement coincée, bloquée. Sven et Millie passant en-dessous de notre voie à ce moment précis, ils grimpent jusqu'à moi (une vingtaine de mètres), me font descendre en rappel, escaladent la voie à leur tour pour permettre à Tee de descendre et pour déséquiper la voie (récupérer le matériel posé).

Episode sans conséquence grave donc. Maintenant, imaginons... imaginons que la corde se fut bloquée au moment où Tee grimpait.... Imaginons n'avoir été qu'à deux dans cet endroit isolé... Imaginons avoir été dans la quinzième longueur d'une grande voie en montagne, l'orage pontant ou le jour déclinant...

Il a fallu couper la corde au couteau, après maintes tentatives épiques de décoincement.

Car à un moment, l'attention est relâchée et, au lieu de lover méthodiquement la corde, on la laise pendre négligemment...

 

Jour 4: « rest day! » Un vrai jour de repos avec petit déjeuner, guitare café puis mi goreng, le tout au soleil, suivis de cafés, guitare, mission bois - Prenez un arbre mort, testez-le en secouant bien fort. Si l'arbre se déstabilise facilement, accentuez et déracinez -, construction d'un four à pain (vive la conduction du grès!), cuisson du pain, guitare chant et percussion (répétition en vue d'un concert au camping « the Pines » aux Arapiles), le tout à l'ombre. Coucher 20 heures.

 

Jour 5: « great wall ». Une 16, une 17. Quinze heures au camping, mi goreng, feu, préparation et cuisson des pizzas au feu de bois. Répétition. Coucher 21h30.

 

Jour 6: nouveau jour de repos. Délicieux chapatis au four local.

 

Jour 7: rangement du camp, dernière voie, adieu des chèvres sauvages dans le soleil couchant...

 

C'est maintenant vers la Thaïlande que nous nous tournons, vigilants!

 

Bientôt les photos....

 
Arapiles poils ! PDF Imprimer Envoyer
LES ÉTAPES - AUSTRALIE
Écrit par Julien   
Lundi, 10 Mai 2010 08:34

"Prenez un cadre idyllique, ajoutez un rocher parfait, un temps chaud et un ciel bleu. Et maintenant, ajoutez simplement l'une des escalades en terrain d'aventure parmis les meilleures au monde. Bienvenue aux Arapiles."

 

Voici ce qu'on peut lire, à peu près, au regard de mes talents de traducteur ; )..., en quatrième de couverture du volumineux topo présentant ce site d'escalade en tous points exceptionnel.

L'environnement d'abord. Situé en plein milieu du "bush" australien, à 300 kilometres au Nord-Ouest de Melbourne, 35 de Horsham et 9 de Natimuk, petit village de 170 âmes, le camping des Pines (les "pins"), qui nous accueille (à 2 dollars la nuit !), est littéralement au pied des voies.

 

Un autre site majeur se trouve non loin de là. Il s'agit de Grampians, que nous apercevons du haut des voies, mais nous n'irons pas caresser son rocher pour ne pas trop nous disperser (et aussi car nous sommes à pieds !). De plus, l'escalade est beaucoup plus soutenue qu'aux Arapiles.

 

Notre isolement ne nous a pas permis d'écrire un article plus tôt. Donc, beaucoup de choses à raconter.

 

Animaux du bout du monde...

 

Tout d'abord la faune australienne.

Les kangourous sont nos plus proches voisins et nous les croisons quotidiennement. Les uns observant les autres, le plus souvent, lorsque nous allons grimper, parfois, lors d'un footing tardif, au detour d'un chemin... Plus rarement, nous apercevons des wallabies, sorte de kangourous plus petits. Ou encore ces surprenants animaux, les echidnas : sortes d'énormes porcs-épics. L'ambiance sonore est quant à elle assurée par une multitude d'oiseaux. Certains imitent le singe à la perfection, d'autres le piano à eau, et enfin certains ont des cris d'oiseaux vraisemblables.

La gay-pride des volatiles peut commencer ! Les couleurs chatoient : étranges pigeons au ventre rose et à la coiffe extravagante, perroquets bleus et jaunes au bec puissant, perruches rouges et bleues au vol gracieux. Bref, 111 espèces présentes, dont les noms nous plaisent: kookaburra, crimson rosella, noisy minor, little fat bird....

 

Voir le bêbêtorama

 

 

La grimpe aux Arapiles, une ambiance à part...

 

Aux "Pines", il existe un véritable esprit de partage et de convivialité. Voitures, tentes, matériel d'escalade, repas, soirées feux de camps... sont partagés de bon coeur. Les bonnes âmes partant en ville ramènent souvent pour l'ensemble des campeurs viandes, légumes, gâteaux... Mais pourquoi ? Sont-ils très riches, nous demandons-nous benoîtement ? En fait, nombre d'entre eux sont "grimpeurs à plein temps", cultivant les bonnes combines et devenant entre autre adeptes du "bin diving": la plongée en poubelle. Les supermarchés d'Horsham dégagent leurs excédents avant la date de péremption, la benne est trop belle !!! Il est donc possible de vivre ici pour 7 dollars par semaine (moyenne realisée par sondage Sofres-Gourdon) et de séjourner pendant plusieurs mois !!

En outre, c'est à l'eau de pluie que tout le monde fonctionne ! Dans cette region privée de précipitations depuis onze ans, nous sommes chanceux ! Il pleut (un peu dommage pour quelques matinées ou après-midis de grimpe) et les réservoirs recèlent de ce delicat breuvage jaunâtre, subtile décantation de feuilles d'eucalyptus : une régalade ! Et c'est parfait puisque personne n'est malade.

Et tout ce petit monde se retrouvent chaque soir, autour du feu, parlant d'escalade, d'escalade et parfois d'escalade... Monde de passionnés, d'origines géographiques et sociales complètement différentes, échangeant bien plus qu'une vision de l'activité commune, mais surtout de la chaleur et de la bonne ambiance !

Ainsi avons-nous rencontré, entre autres protagonistes, Tee et Sven, deux québécois survoltés (et très forts), Pete le clochard céleste, Christelle et Jean-Pierre, un couple Hispano-Wallon génial, généreux et drôle, Justin le drédeux, ou encore la charmante Alice... Cette ambiance de partage nous a permis d'avoir à notre table (superbe assemblage de troncs d'arbre), sous notre patchwork de bâches, éclairés par les lampions fabriqués dans des demis jerrycans d'eau, le fameux Mike Law. Une légende vivante de l'escalade australienne qui, dans les années 70 et 80, ouvrit de nombreuses voies. Durant nos quelques 3 semaines arapiléenes, nous avons pris plaisir à grimper certaines de ses oeuvres (It'll never fly (24)..... ).

Encourageant et sympathique, il nous livre des souvenirs, nous prète du matériel et nous invite à passer notre dernière nuit australienne chez lui et sa femme, à Sydney.

 

Voir le Pinesorama

 

Adieu spits, clous, relais sur chaîne et autres maillons rapides...

 

La raison de tout ce rassemblement d'urluberlus aux Arapiles reste ce rocher incroyable. Du grès compact, très solide, qui se trouve être plus précisemment du quartzite.

Attardons-nous un peu sur l'approche particulière de l'escalade que nous rencontrons de nouveau ici : le terrain d'aventure. Nous avons eu certes l'occasion de le découvrir en Amérique du Nord, essentiellement en grimpant sur faille, mais ici le rocher est tout autre et permet de se familiariser plus facilement avec ce style si particuliers aux Anglo-Saxons. Donc, petit rappel : Le principe du TA (terrain d'aventure) est de gravir une falaise nue, c'est-à-dire sans piton, spit ou élément métallique planté initialement dans la roche. Par voie de conséquence, cela implique, au fur et à mesure d'une ascension, de :

1: trouver un endroit sur le rocher susceptible d'accueillir une protection

2: choisir la protection adéquate en fonction de la configuration du rocher. Nuts, bouts de métal relié à un cable, à "coincer" (appelés aussi coinceurs) ou 'cam', des coinceurs mécaniques rappelant de grosses pinces à sucre reliée à un mousqueton (appelés aussi "friends")

3: choisir la taille qui convient. Une dizaine de nuts et autant de friends, tous de dimensions differentes, sont suspendus aux porte-matériels du baudrier

4: si c'est un nut qui a été placé, passer une dégaine, composée de deux mousquetons reliés par une sangle, dans le cable d'acier

si c'est un friend, passer directement au point 5

5: passer la corde dans le mousqueton

6: recommencer à grimper.

 

On l'aura compris, l'escalade en terrain d'aventure ( trad' ou trad'climbing chez nos amis Anglo-Saxons) est exigeante. Elle nécessite une attention constante. Les protections se doivent d'être fiables et il faut veiller à ne pas trop équiper afin d'être sûr, d'une part, de pouvoir terminer la voie et, d'autre part, d'avoir un matériel restant suffisant pour installer ce qu'on nomme un "relai". A l'aide de sangles, de nuts, de friends et d'un système d'assurage, le grimpeur installe un dispositif permettant au second de le rejoindre. Celui-ci "déséquipera" la voie. Il récupèrera le matèriel posé par le premier de cordée, qui vient d'effectuer la voie "en tête". Le second arrivant au relai, il devient alors le premier de cordée et équipe à son tour la longueur suivante. Dans les voies en plusieurs longueurs ou "multipitches", c'est ce que l'on appelle grimper en "réversible", le deuxième de cordée devenant premier et vice-versa.

Les nombreuses manipulations sur la voie, en blocage bras ou jambe vous permettant de libérer un bras pour équiper, sont fatigantes, et d'autant plus quand on n'y est pas habitué...

Autant de raisons pour lesquelles ce type d'escalade force à l'humilité. Nous grimpons tous plusieurs niveaux en-dessous de celui qu'on peut atteindre sur les voies déjà équipées, dites "spitées", ou encore "sport climbing".

 

Il faut savoir que les Anglo-Saxons sont très attachés à cette forme d'escalade qui n'abime pas du tout le rocher : très peu de pitons et de relais.

Les Arapiles sont essentiellement dédiées à cette escalade traditionnelle. Plus de 2000 voies, dans tous les niveaux...

 

A nous de jouer !!

On a commencé à grimper en se rôdant sur des voies faciles, jolies, verticales, mais avec toujours une belle ambiance.

Pour atteindre les falaises, la marche d'approche ne nous prenait au maximum que 30 minutes.

Ce qui nous a permis d'explorer plus en détails, durant 3 semaines, ce site qui permet de grimper par tout temps, à l'ombre ou au soleil, et même les jours de pluie.

 

Voici pêle-mêle quelques-unes de nos modestes mais géniales croix :

 

Muldoon (13*), The Shroud (12), Bard (12), Resignation (15), Arachnus (9), Surface to air (17), Watchtower crack (16), Syrinx (partagée avec Jean-Pierre et Christelle), Cassandra (18), Tanin (19), Swinging (17), Goldenfleece (18).... liste exhaustive sur demande uniquement !

 

*petit lexique d'équivalence entre cotation australienne et française :

Un "10" australien = un "3" français

14 = 5b

18 = 6a

21 = 6b+

etc....

 

Voir le diaporama

 

Lorsque l'on passe un peu de temps au camping des Pines, il est de rigueur de gravir "Tiptoe ridge" un soir de pleine lune. N'allez pas nous prendre pour des inconscients... La cotation est très facile sur cette voie (équivalent 3 français) mais l'ascension, dans le clair obscure de la pleine lune et sans éclairage artificiel assure une ambiance irréelle, magique et vaut vraiment le coût...

 

Voir le Tiptorama

 

La tête à l'envers...

 

Enfin, voici plus spécialement une voie qui nous a émotionnellement touchée tant par la beauté de sa ligne que par sa photogénie : Kachoong (6B+)

 

Avec Etienne et Sam, nous sommes au pied de la voie. Pauline, de son côté, s'installe sur "photographer ledge" se préparant à prendre quelques clichés d'anthologie... Merci à elle pour sa disponibilité et sa patience ce jour-là. Ce fut effectivement assez long !

Etienne part en tête, et s'engage dans une première partie déversante en dalle, difficile à équiper, physiquement rude et côtée en 6B. Puis un toît magistral, comprenez plutôt un plafond de 3 mètres d'avancées, à 35 mètres du sol et difficile à équiper lui aussi. Après une énorme dépense d'énergie, Etienne chute à la sortie du toît. Une chute très, très spectaculaire, mais sans gravité. C'est Sam qui enchaine ensuite et, grâce au travail effectué par Etienne et à ses placements efficaces, il enchaine et termine la voie. Superbe.

 

Je grimperai par la suite, assuré du haut, et après une demi-heure de haute lutte, tirant sur les dégaines, faisant une pédale, je sortirai finalement en haut de la voie...

 

Voir le Kachoongrama

 

 

 

La dernière ligne droite australienne

 

Pour enrichir nos minces découvertes rocheuses autralienne, une fois encore, nous reprenons la route.

De mon côté je pars avec Sven, Tee et Milly (rencontrés aux "Pines") au nord d'Adelaide pour une nouvelle semaine de grimpe.

Sam, Etienne et Pauline prennent la direction de Sydney pour goûter au grès des Blue Mountains.

Rassemblement prévu le 17 mai à Sydney pour nous envoler en direction de la Thailande !

 


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